Un office de tourisme, un comité départemental ou une communauté de communes vend d’abord une promesse : celle d’un lieu, d’une ambiance, d’un moment à vivre. Cette promesse se juge en quelques secondes, souvent sur un écran de téléphone, bien avant qu’un visiteur ne consulte un tarif ou un calendrier. C’est là que la vidéo trouve sa place. Nous sommes un studio de création vidéo, photo et drone pour les entreprises et les marques ; dans cet article, nous expliquons comment un territoire peut s’en servir de façon utile, mesurable et honnête, sans promesse de résultat miracle.

Pourquoi les destinations ont besoin de vidéo

Le tourisme n’est pas un secteur marginal : selon les données publiées par le gouvernement, il représentait environ 8 % du PIB de la France en 2024, avec 71 milliards d’euros de recettes internationales et environ 2 millions d’emplois directs et indirects. Chaque territoire se bat pour sa part de cette activité, et l’attention des voyageurs est sa première ressource.

Le parcours d’un voyageur suit quatre moments : il rêve, il prépare, il réserve, puis il partage. La vidéo peut intervenir à chaque étape, avec un rôle différent à chacune.

1 · RêverUne image donne envie de venir2 · PréparerComparer lieux, activités, dates3 · RéserverPasser à l’acte, en direct si possible4 · PartagerLes visiteurs prolongent le récit
Les quatre temps du parcours du voyageur : la vidéo y joue un rôle différent à chaque étape.

La phase de préparation est longue. Dans une étude Expedia Group menée en 2023 auprès de 5 713 voyageurs ayant réservé en ligne (sept marchés, dont la France), les répondants passaient en moyenne 303 minutes, soit plus de cinq heures, sur du contenu voyage durant les 45 jours précédant la réservation, et consultaient en moyenne 141 pages. L’étude ne parle pas spécifiquement de vidéo, mais elle montre une chose : un visiteur potentiel rencontre votre destination à de nombreuses reprises avant de réserver. Chacune de ces rencontres est une occasion d’être clair et mémorable, ou d’être oublié.

Côté usages, l’étude Kantar pour Google (avril 2022, Asie-Pacifique : Australie, Indonésie, Inde, Japon, Corée du Sud) indique que plus de la moitié des voyageurs interrogés se tournent vers des contenus vidéo durant leur parcours, et que 41 % d’entre eux utilisent YouTube. Ce périmètre n’est pas européen ; nous le citons comme indication de tendance, pas comme une mesure de votre public.

Enfin, l’enquête annuelle Wyzowl (fin 2025, 266 répondants, professionnels du marketing et consommateurs) rapporte que 84 % des consommateurs souhaitent voir davantage de vidéos de marques en 2026, et que 85 % disent avoir déjà été convaincus d’acheter un produit ou un service après avoir regardé une vidéo. Ce sont des déclarations, sur un échantillon restreint et tous secteurs confondus : elles éclairent un climat, elles ne garantissent rien pour une destination donnée.

Chiffres déclaratifs, pas garanties. Les statistiques ci-dessus viennent d’enquêtes auto-déclarées ou de périmètres géographiques précis. Elles justifient d’investir dans l’image, pas de promettre un nombre de nuitées.

Ce que la vidéo peut changer pour un territoire

Bien conçue, la vidéo agit sur plusieurs leviers économiques, chacun avec ses limites :

  • L’attractivité du lieu. Un film montre la lumière, l’échelle, les sons, le rythme de vie. Une brochure ou une photo isolée le fait moins bien.
  • La réservation d’activités et d’expériences. Voir une sortie en mer, une visite de domaine ou un atelier d’artisan rassure et donne envie d’essayer, à condition que le film renvoie clairement vers la réservation.
  • L’hébergement. Hôtels, gîtes et campings gagnent à montrer l’accueil, les espaces et l’environnement immédiat plutôt que de s’en remettre aux seules photos des plateformes.
  • Les réservations en direct. Un contenu de qualité sur votre site et vos réseaux est un moyen de ramener l’internaute chez vous plutôt que chez un intermédiaire. Cela ne garantit pas qu’il réservera en direct, mais cela donne une raison de passer par vos pages.
  • Les commerces et la restauration locale. Marchés, producteurs et restaurants font partie de l’expérience ; les montrer, c’est inviter le visiteur à dépenser sur place.
  • Les événements et festivals. Une aftermovie documente l’édition passée, aide à convaincre partenaires et public de la suivante.
  • L’arrière-saison et la basse saison. Montrer un territoire en automne ou en hiver, c’est donner une raison de venir hors de l’été. Le résultat dépend de l’offre disponible à ces dates : il faut que les établissements soient ouverts.

Les formats dont un office de tourisme a besoin

Il ne s’agit pas de produire un seul film, mais une gamme cohérente, déclinée à partir d’un même tournage. On peut la représenter comme une échelle : du format le plus ambitieux, qui définit l’identité de la destination, aux formats les plus courts, qui font vivre les réseaux.

Film de destinationInspirer1 à 3 min, signature du lieuSérie saisonnièreRythmer l’année1 épisode par saisonFilms partenairesMettre en avantactivités, hébergementsFormats courts 9:16Diffuser15 à 30 s, sous-titrésBanque de photosÉquiperdroits cédés aux partenaires
Du film de destination aux formats courts : une gamme déclinée d’un même tournage.
  • Le film de destination. Une à trois minutes, qui pose l’identité du lieu et sert de pièce maîtresse sur le site, en salon et en prospection.
  • La série saisonnière. Un épisode par saison, pour montrer le territoire toute l’année et alimenter un calendrier éditorial.
  • Les images aériennes. Le drone révèle les paysages, le littoral, les sites patrimoniaux et les échelles. Voir notre page drone pour entreprises.
  • Les films de présentation pour partenaires. Un camping, un club nautique, un musée, un domaine : un film de 30 à 90 secondes par activité, utilisable par l’office et par le partenaire.
  • Les témoignages d’habitants et d’hôtes. Des voix locales, sincères, plutôt qu’un commentaire institutionnel.
  • Les formats courts verticaux de 15 à 30 secondes. Conçus pour le cadrage 9:16 dès le tournage, avec sous-titres, pour les réseaux sociaux.
  • Les aftermovies d’événements. Un résumé rythmé, utile pour la communication et la recherche de partenaires.
  • La banque de photos avec droits. Des images dont l’usage est clairement cédé à l’office et à ses partenaires.
  • L’accessibilité et le multilingue. Sous-titres systématiques (utiles aussi pour le visionnage sans son) et versions en français, anglais et espagnol, voire d’autres langues selon vos clientèles.

Pour la méthode générale, vous pouvez consulter notre page vidéo pour entreprises et notre page photographe pour entreprises.

Une présence sur douze mois, pas seulement l’été

Un territoire change avec les saisons, et son contenu devrait le montrer. Un tournage unique en juillet laisse le reste de l’année sans images fraîches ; à l’inverse, un tournage réparti sur l’année permet de communiquer en continu et de soutenir la saison intermédiaire.

JFMAMJJASONDPrintempsnature, randonnée, réveilÉtéeau, plages, nautisme, fêtesAutomnecouleurs, gastronomieHivercalme, culture, événementsUn tournage par saison : de quoi alimenter les 12 mois
Un tournage par saison permet d’alimenter la communication sur douze mois.

Concrètement, cela suppose de prévoir les tournages en amont, avec une liste de plans par saison, et de réserver des marges pour la météo. Cette organisation coûte moins cher qu’une succession de tournages improvisés, et elle rend le calendrier de diffusion plus régulier.

Pour les partenaires : une banque de contenus partagée

Un territoire n’est pas qu’un office de tourisme. C’est un ensemble de campings, de bases nautiques, de musées, de marchés, de boutiques, de restaurants et d’organisateurs d’événements. Chacun a rarement le budget pour produire seul des images de qualité ; ensemble, ils peuvent le faire.

HébergementsCampingsActivités nautiquesMusées, patrimoineMarchésCommercesRestaurantsÉvénementsDestinationbanque de contenus
Un territoire est un écosystème : la banque de contenus relie la destination à ses partenaires.

Une banque de contenus partagée fonctionne ainsi : l’office pilote un tournage commun, chaque partenaire apparaît dans un film ou une série de photos, et les droits d’usage sont cédés par écrit à l’office et aux partenaires concernés. Le bénéfice est triple :

  • Pour le partenaire, des images professionnelles qu’il ne pourrait pas financer seul, à réutiliser sur son site, ses réseaux et ses supports.
  • Pour l’office, une cohérence visuelle entre toutes les communications du territoire.
  • Pour le visiteur, un récit plus lisible : il comprend ce qu’il peut faire, où dormir, où manger, quand venir.

Pour que cela fonctionne, il faut un cahier des charges simple : liste des partenaires, plans demandés, règles d’usage, durée des droits, mention éventuelle de crédit, et un espace de stockage partagé où chacun retrouve ses fichiers. Vous pouvez voir nos réalisations dans notre portfolio.

Mesurer le retour de façon honnête

La question légitime d’un élu ou d’un directeur d’office est : « qu’est-ce que cela rapporte ? ». La réponse honnête est que l’on peut mesurer des maillons, rarement une cause unique. Une réservation peut venir d’un film vu trois semaines plus tôt, d’une recommandation, d’un moteur de recherche et d’une plateforme tierce, tout cela à la fois.

VuePlateformes,lecteur vidéoVisitedu siteAnalytics,paramètres UTMClic versréservationÉvénements,liens suivisRéservationCode promo,moteur de résaRetourvisiteurEnquêtes, avis(déclaratif)Chaque maillon se mesure, l’attribution reste partielleMesurer sans promettreLes canaux se croisent : on lit des tendances, pas une cause unique
De la vue à la réservation : chaque maillon se mesure, l’attribution reste partielle.

La chaîne se construit ainsi :

  • Les vues : suivies sur chaque plateforme, avec le taux de visionnage jusqu’au bout plutôt que le seul nombre de lectures.
  • Les visites du site : liens balisés par paramètres UTM, pour distinguer ce qui vient d’un film, d’un réseau ou d’un partenaire.
  • Les clics vers le moteur de réservation : événements suivis dans l’outil d’analyse, y compris vers les pages de réservation des partenaires.
  • Les réservations : codes promotionnels dédiés aux campagnes vidéo, ou question posée au moment de la réservation (« comment nous avez-vous connus ? »).
  • Les effets de notoriété (brand-lift) : enquêtes auprès des visiteurs ou d’un panel, qui restent déclaratives.
  • Les contenus partagés par les partenaires : combien de partenaires utilisent la banque d’images, sur quels supports.

Voici un tableau pour relier chaque objectif à un format et à un indicateur :

ObjectifFormat vidéoIndicateur (KPI)
Faire connaître la destinationFilm de destination, images aériennesVues, taux de visionnage complet, notoriété déclarée
Générer des visites sur le siteFormats courts verticaux, série saisonnièreVisites avec UTM, pages vues, durée de session
Faire réserver des activitésFilms de présentation partenairesClics vers le moteur de réservation, réservations avec code dédié
Remplir l’arrière-saisonSérie saisonnière automne et hiverVisites et réservations sur les mois ciblés, comparées aux années précédentes
Soutenir les réservations en directVidéos d’hébergement et d’hôtesPart des réservations directes, demandes de devis
Faire connaître un événementAftermovie, teaser verticalInscriptions, billets vendus, partages, partenaires recrutés
Fédérer les partenairesBanque de contenus partagéeNombre de partenaires utilisateurs, supports produits

Cadre juridique en France : ce qu’il faut vérifier

Quelques points demandent de l’attention avant tout tournage ; nous les gérons avec vous, mais il est utile de les connaître. Les règles évoluent : vérifiez toujours les sources officielles à la date du tournage.

  • Drone. Le vol professionnel est encadré par la réglementation européenne et nationale : enregistrement de l’exploitant, formation du télépilote, respect des zones réglementées, vérification des restrictions sur la carte officielle, et dans certains cas déclaration ou autorisation préalable (zones urbaines, proximité de sites sensibles, parcs naturels). Voir notre page drone pour entreprises.
  • Droit à l’image des personnes. Une personne identifiable filmée au premier plan doit en principe avoir donné son autorisation écrite. Pour les habitants et les hôtes, prévoyez des autorisations signées. Pour un événement, une information du public est utile.
  • Biens privés. Une façade, un domaine ou un commerce peuvent apparaître, mais l’usage commercial d’un bien privé demande, selon les cas, un accord du propriétaire. Mieux vaut le demander.
  • Musique. Une musique du commerce ne peut pas être utilisée librement. Il faut une licence adaptée (bibliothèque musicale, création originale ou démarche auprès des sociétés de gestion des droits).
  • RGPD et mesure. Le suivi de l’audience est soumis aux règles de consentement de la CNIL. Les paramètres UTM ne sont pas des données personnelles en eux-mêmes, mais les outils qui lisent le trafic peuvent déposer des traceurs : bannière de consentement et politique de confidentialité à jour sont nécessaires.

Exemple de projet en trois phases

Voici une structure type, à ajuster selon la taille du territoire et le budget. Il s’agit d’un schéma de travail, pas d’un cas client.

Phase 1Audit et scénarioObjectifs et publicsAtouts, partenairesStoryboard, calendrierPhase 2TournagePlan par saisonDrone, sol, interviewsPhotos et droitsPhase 3Diffusion et mesureMontages et versionsPlan de diffusionBilan et ajustements
Un projet en trois phases : audit et scénario, tournage, diffusion et mesure.
  • Phase 1, audit et scénario. Nous clarifions les objectifs (notoriété, hors-saison, réservations), les publics prioritaires et les langues. Nous recensons vos atouts et partenaires, puis nous écrivons le fil narratif, la liste de plans et le calendrier de tournage.
  • Phase 2, tournage réparti sur les saisons. Nous tournons au sol et au drone, nous filmons les interviews d’habitants et de partenaires, et nous réalisons la banque de photos. Les plans verticaux sont pensés dès le départ.
  • Phase 3, diffusion et mesure. Nous montons le film de destination, les films de partenaires et les formats courts, avec sous-titres et versions linguistiques. Nous proposons un plan de diffusion, des liens balisés et un bilan à intervalles réguliers pour ajuster la suite.

Ce que la vidéo ne peut pas faire. Elle ne remplace ni une offre de qualité, ni un accueil soigné, ni une accessibilité en transports, ni un moteur de réservation efficace. Elle ne garantit pas un nombre de visiteurs. Un film magnifique qui renvoie vers une page de réservation confuse perdra son effet ; c’est pourquoi nous regardons toujours le parcours dans son ensemble.

Par où commencer

Pour un office de tourisme, la première étape est modeste : définir un objectif prioritaire, choisir deux ou trois formats, et planifier un premier tournage. Une destination n’a pas besoin de tout faire d’un coup. En quelques mois, une banque de contenus bien pensée nourrit les réseaux, le site, les salons, les dossiers de presse et les communications des partenaires.

Parlons de votre destination.
Dites-nous ce que vous voulez montrer, à qui, et à quelles saisons : nous vous proposons un plan clair.

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Sources : info.gouv.fr, « Tourisme : un levier de croissance pour l’économie française » (chiffres 2024) ; DGE, Comité interministériel du tourisme 2025 ; Expedia Group, Path to Purchase Research (2023) ; Think with Google / Kantar, YouTube Travel Consumer Research (2022) ; Wyzowl, Video Marketing Statistics (enquête fin 2025).