« On refait une prise, il y a un pet de perche dans le champ. » Si cette phrase vous semble écrite en langue étrangère, rassurez-vous : c’est normal. Les plateaux de tournage ont leur propre vocabulaire, mélange d’anglais, d’argot technique et de vieilles traditions de cinéma.

Voici 30 mots pour suivre la conversation le jour J, comprendre un devis sans froncer les sourcils et, qui sait, briller à la machine à café.

Sur le plateau

  • Plateau : l’endroit où l’on tourne. Ça peut être un studio… ou votre salle de réunion pour la journée.
  • Prise : chaque essai d’un même plan. « Prise 7 » ne veut pas dire que vous êtes mauvais, juste que l’avion est passé six fois.
  • Clap : la fameuse ardoise qui claque. Elle indique le plan et la prise, et son « clac » sert de repère pour caler le son sur l’image au montage.
  • Timecode : l’horloge interne des caméras et enregistreurs (heures, minutes, secondes, images). Il permet de retrouver et de synchroniser n’importe quel instant.
  • Retour vidéo : l’écran sur lequel on voit, en direct, ce que filme la caméra. C’est là que vous pouvez valider le cadre sans regarder par-dessus l’épaule du cadreur.
  • « C’est dans la boîte » : la phrase préférée de tout le monde. Le plan est réussi, on passe au suivant.

L’image

  • Cadre : ce que l’on voit à l’écran. Ce qui est hors cadre n’existe pas… sauf la tasse de café oubliée dans un coin, qui elle se voit toujours.
  • Focale : la « puissance » d’un objectif. Une courte focale montre large, une longue focale rapproche et écrase les perspectives.
  • Profondeur de champ : la zone nette de l’image. Faible, elle détache la personne d’un arrière-plan flou ; grande, tout est net du premier plan à l’horizon.
  • Frame rate (cadence) : le nombre d’images par seconde. En France, on livre souvent en 25 images/seconde.
  • Ralenti : on filme à une cadence plus élevée qu’à la diffusion. Filmé à 100 images/seconde et lu à 25, un geste dure quatre fois plus longtemps. Effet garanti sur une goutte qui tombe.
  • Log : un mode d’enregistrement qui donne une image grise et « délavée » à la sortie de la caméra, mais qui conserve un maximum d’informations dans les ombres et les hautes lumières.
  • RAW : les données brutes du capteur, avant que la caméra ne décide pour vous des couleurs. Le négatif numérique, en somme.

Les plans

  • Plan séquence : une scène entière filmée sans coupe. Impressionnant, exigeant, et chacun retient son souffle jusqu’à la fin.
  • Champ / contre-champ : on filme une personne, puis celle qui lui fait face. Le b.a.-ba du dialogue.
  • B-roll / plans de coupe : les images d’illustration (mains au travail, atelier, détails) qui se glissent par-dessus une interview. Sans eux, on regarde une tête parler pendant deux minutes.
  • Travelling : un mouvement où la caméra se déplace physiquement, sur rail, slider ou véhicule, et pas seulement en tournant sur elle-même.
  • Packshot : la photo ou la vidéo « portrait » d’un produit, propre et précise, souvent sur fond neutre.

Le son

  • Perche : le long manche au bout duquel est fixé un micro, tenu au-dessus des comédiens. Le perchman a les bras les plus endurants du plateau.
  • Cravate : le petit micro accroché au col ou dissimulé sous un vêtement. Rien à voir avec votre tenue.
  • Balance : le réglage des niveaux sonores avant de tourner. Oui, on va vous demander ce que vous avez mangé ce matin, c’est pour régler le micro.
  • Son seuil : quelques secondes de « silence » de la pièce, enregistrées à part pour aider au mixage. Le seul moment où tout le monde se tait vraiment.

Astuce Le jour du tournage, si vous ne comprenez pas un terme, demandez. Une équipe pro aime expliquer, et cela vous évitera de valider un plan sans savoir ce que vous validez.

En postproduction

  • Rush : l’ensemble des images brutes tournées. Il y en a toujours beaucoup plus que ce qui sera gardé.
  • Dérushage : le tri de ces rushes. On regarde tout, on note les meilleures prises, on écarte les éternuements.
  • Étalonnage : le travail de la couleur et de la lumière image par image, pour harmoniser les plans et créer une ambiance.
  • LUT : une table de conversion des couleurs. Une sorte de « recette » qui transforme une image log en image lisible, ou qui donne un look de départ.
  • Sound design : la création de l’univers sonore, bruitages, ambiances, petits effets, pour que l’image « sonne » juste.
  • Motion design : l’animation graphique de textes, logos, chiffres ou pictos. Ce qui rend un tableau Excel presque glamour.
  • Master : la version finale, en pleine qualité, à partir de laquelle on décline tous les formats.
  • PAD (prêt à diffuser) : le fichier final qui respecte les normes techniques demandées par le diffuseur. Le dernier maillon de la chaîne.

Un bon vocabulaire partagé, c’est moins de malentendus et plus de temps pour ce qui compte : l’image.

Chez that dog, nous ne parlons pas jargon pour impressionner : nous l’utilisons pour travailler vite et précisément, et nous vous le traduisons volontiers. Si vous êtes curieux de voir à quoi ressemblent une perche, un slider ou une boîte à lumière, le matériel du studio est présenté en détail.

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Parlons de votre prochain tournage, on vous explique chaque étape en français courant.

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