« C’est juste 15 secondes de ce morceau, personne ne dira rien. » Cette phrase a précédé bien des vidéos supprimées, des campagnes retirées et des factures de régularisation. Voici cinq idées reçues sur la musique en vidéo d’entreprise, et ce qu’il en est vraiment.
Idée reçue n°1 : « Il suffit d’acheter ou de streamer le morceau »
Acheter un titre ou payer un abonnement de streaming vous donne le droit de l’écouter, pas de l’intégrer à une vidéo promotionnelle. Une musique enregistrée, c’est deux univers de droits : la composition (auteurs, compositeurs, éditeurs) et l’enregistrement (le producteur et les artistes interprètes). Pour sonoriser une vidéo avec un titre du commerce, il faut les accords des ayants droit concernés. Autant dire que c’est long, parfois coûteux, et rarement fait à la dernière minute.
Idée reçue n°2 : « Ce morceau est ancien, donc il est libre »
Les droits d’auteur durent 70 ans après le décès de l’auteur dans l’Union européenne. Les droits des artistes interprètes et des producteurs d’enregistrements, eux, courent sur une période distincte, de 50 à 70 ans selon les cas. Un morceau de Mozart est dans le domaine public, mais l’enregistrement par un orchestre contemporain ne l’est pas forcément. Ce cas de figure surprend tout le monde.
Idée reçue n°3 : « Les sons de TikTok ou Instagram, c’est fait pour ça »
C’est fait pour les particuliers. Les bibliothèques musicales des plateformes sont négociées pour un usage personnel. D’où une règle que vous avez peut-être croisée : sur TikTok, un compte professionnel est limité à la Commercial Music Library, un catalogue de titres libérés pour un usage commercial sur la plateforme. Meta propose de son côté une Sound Collection de titres libres de redevance, dont l’usage commercial se vérifie titre par titre. Les gros tubes du moment, eux, restent réservés aux comptes personnels.
Un piège : ces titres sont pré-autorisés sur la plateforme. Récupérez-les pour les mettre sur votre site, dans un film institutionnel ou une publicité, et vous êtes hors cadre.
Idée reçue n°4 : « Libre de droits veut dire gratuit et sans condition »
« Libre de droits » signifie en pratique : vous payez une licence (une fois ou par abonnement), puis vous utilisez la musique sans redevance supplémentaire à chaque diffusion. Il reste des conditions : usage commercial ou non, publicité payante ou organique, durée, territoire, plateformes. Lisez la licence, pas seulement le titre de la page.
Idée reçue n°5 : « Si je cite l’artiste, c’est bon »
Créditer n’est pas autoriser. Seul l’accord écrit des ayants droit, ou une licence adaptée, règle la question.
Quelle source pour quel usage ?
| Source | Pour qui ? | À vérifier |
|---|---|---|
| Titre du commerce (tube, catalogue) | Grandes campagnes avec budget et délais | Accord des ayants droit pour la composition et l’enregistrement |
| Bibliothèque de musique sous licence | Films de marque, publicités, vidéos web | Étendue de la licence : plateformes, pub payante, durée |
| Bibliothèque de la plateforme | Contenus organiques sur cette plateforme | Compte professionnel concerné, usage limité à la plateforme |
| Musique composée sur mesure | Identité sonore durable | Contrat de cession clair, durée, supports |
Astuce Gardez dans un dossier la licence, la facture et la liste des pistes utilisées pour chaque film. Si une plateforme signale un morceau, ou si un ayant droit vous écrit, vous répondez en cinq minutes au lieu de cinq jours.
Les erreurs fréquentes en bref
- Récupérer un son sur YouTube ou une appli de streaming pour le glisser dans le montage.
- Faire confiance à une licence « personnelle » pour une vidéo d’entreprise.
- Oublier que la publicité payante (« booster » un post) peut exiger une licence plus large que la publication organique.
- Ne pas conserver de preuve de licence.
- Réutiliser un film sonorisé hors du cadre prévu : autre plateforme, autre pays, durée dépassée.
Pour aller plus loin
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas un conseil juridique.
- EUR-Lex : durée de protection du droit d’auteur et des droits voisins
- Osborne Clarke : la musique sur les réseaux sociaux, ce que doivent savoir les entreprises
- Social Media Today : TikTok et la musique pour les comptes professionnels
La musique se choisit dès le montage, pas après. Chez that dog, la bande-son fait partie du travail de post-production, avec le son traité sous Pro Tools et un choix de musique qui tient compte de l’endroit où le film sera diffusé : site, réseaux, publicité. Pour aller plus loin sur la place du son, lisez notre article sur l’image, le son et la lumière.
Une bande-son sans mauvaise surprise
Parlez-nous de vos vidéos : nous choisissons la musique avec leur lieu de diffusion en tête.