« Notre emballage est écologique. » Quatre mots, un joli plan de forêt en fond, et vous voilà peut-être en infraction. Depuis le 27 septembre 2026, les nouvelles règles européennes contre le greenwashing sont applicables. Bonne nouvelle : la meilleure parade est aussi la plus efficace en vidéo, celle qui montre des preuves.
Ce que dit déjà le droit français
Pas besoin d’attendre l’Europe pour être concerné. Le code de la consommation sanctionne les pratiques commerciales trompeuses, y compris sur l’impact environnemental d’un produit ou d’un service. Les peines peuvent aller jusqu’à 300 000 € d’amende, un montant qui peut être porté à 80 % des dépenses de la publicité. La loi Climat et résilience encadre aussi l’allégation de « neutralité carbone » : l’entreprise doit rendre accessibles ses émissions, sa démarche de réduction et la place des compensations.
Ce qui change avec la directive 2024/825
Cette directive européenne (dite « Empowering Consumers ») devait être transposée avant le 27 mars 2026 et s’applique depuis le 27 septembre 2026. Elle vise les pratiques commerciales à l’égard des consommateurs et interdit notamment :
- les allégations génériques (« écologique », « respectueux de l’environnement », « vert ») sans excellence environnementale reconnue ;
- les labels de durabilité qui ne reposent pas sur une certification par un tiers ou une autorité ;
- les allégations de neutralité carbone fondées uniquement sur de la compensation ;
- les promesses futures (« neutres en 2040 ») sans engagements clairs, mesurables et vérifiés par un expert indépendant.
Attention, côté France : selon les sources consultées début octobre 2026, la loi de transposition (le projet de loi « DDADUE ») n’était pas finalisée, et la DGCCRF a indiqué ne pas contrôler sur la base de la directive tant qu’elle n’est pas transposée. Cela ne vous autorise rien : les règles françaises existantes continuent de s’appliquer.
Et la directive « Green Claims » ?
Ne la confondez pas. Il s’agit d’une autre proposition de la Commission (2023), qui aurait obligé à prouver et faire vérifier les allégations environnementales avant publication. Elle n’a jamais été adoptée : les négociations ont été interrompues en juin 2025 et, d’après les sources consultées, elle reste en suspens. Elle ne s’applique donc pas aujourd’hui. La directive 2024/825, elle, est bel et bien en vigueur.
En vidéo : comment parler de vos engagements sans dérapage
| À éviter | À préférer |
|---|---|
| « Nous sommes une entreprise verte » | « Depuis 2023, notre atelier fonctionne avec de l’électricité renouvelable » (exemple fictif, à remplacer par un fait vérifiable) |
| Un plan de forêt sans lien avec votre activité | Vos lieux, vos équipes, votre démarche réelle |
| « Neutre en carbone » grâce à la compensation | Réduction mesurée, compensation présentée comme complément |
| Un logo maison qui ressemble à un label | Un label officiel, avec son nom et son périmètre |
Astuce Avant de tourner, faites la liste de chaque phrase d’engagement avec sa preuve : un chiffre, une date, un périmètre, un document. Ce qui n’a pas de preuve ne passe pas dans le script. Gardez ce dossier avec le film.
Cinq réflexes pour une communication sincère
- Montrez des actions, pas des intentions : un atelier, un processus, une personne qui explique.
- Précisez le périmètre : un produit, un site, une activité, pas « toute l’entreprise » si ce n’est pas le cas.
- Donnez des chiffres datés et la source, à l’oral comme en sous-titre.
- Assumez ce qui reste à faire : une démarche honnête fait plus confiance qu’un tableau parfait.
- Faites parler les équipes : leurs mots sont plus crédibles qu’un slogan, et ils sont aussi bons pour votre marque employeur.
Pour aller plus loin
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas un conseil juridique. Le sujet évolue vite : vérifiez l’état de la transposition en France avant toute campagne.
- EUR-Lex : directive (UE) 2024/825
- DGCCRF : webinaire « Greenwashing, tout savoir sur les nouvelles règles » (juin 2026)
Filmer un engagement sincère, c’est filmer ce qui existe : un geste, un lieu, une voix. C’est exactement le terrain d’une vidéo tournée chez vous, avec le temps de poser les questions qui comptent. Pour structurer le récit, voyez notre article sur le film institutionnel.
Racontez vos engagements, preuves à l’appui
Parlons de ce que vous faites vraiment : nous le mettons en images, sans fard ni slogan.